Plaidoyer en faveur de la réforme du collège

Un texte signé du président et de l'un des co-présidents de l'APLV, publié le 20 avril dernier sur le site de l'APLV, a été annoncé sur le site du Café pédagogique sous le titre "L'APLV contre la réforme du collège". J'explique dans mon texte pourquoi, en tant que Président d'honneur de l'APLV, je considère qu'elle est nécessaire et salutaire, quelles que soient les inquiétudes, réserves et même critiques qu'elle peut légitimement susciter, parce qu'elle s'attaque enfin aux maux d'un système scolaire qui est le plus inégalitaire de tous les pays développés.

Plaidoyer en faveur de la réforme du collège (17 mai 2015)
PUREN_Plaidoyer_réforme_collège_20125-05
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Suite à la publication officielle ce 20 mai

des textes de la réforme

 

Le ministère a publié ce jour même au Journal Officiel le décret et l'arrêté portant organisation du collège :

Même si l'Arrêté avait été rendu public le 14 avril dernier, la publication de ces textes le lendemain de la grande manifestation contre la réforme fait qu'elle sera forcément interprétée et dénoncée par les partis politiques, les syndicats et les associations opposés à cette réforme comme un "passage en force". C'est là un  mauvais service rendu à ceux qui, même s'ils étaient critiques vis-à-vis de certains éléments de la réforme, étaient prêts comme moi à la soutenir au nom des grands principes qu'elle affichait, en lui reconnaissant le grand mérite de chercher à s'attaquer enfin sérieusement au dysfonctionnement global du système scolaire français. Dans le concert des protestations médiatiques, notre voix devient encore plus inaudible, et nos arguments moins écoutés.

Quoi qu'il en soit, l'APLV me semble avoir manqué en cette affaire l'occasion d'apporter des propositions constructives  à la diversification des langues et à la lutte contre les inégalités et les échecs. Je ne vois pas en quoi l'avancement pour tous les élèves du début de l'apprentissage de la LV2 de la 4e à la 5e peut contribuer en quoi que ce soit à ces deux objectifs prioritaires. Les heures que cette modification va coûter auraient été mieux utilisées à mettre systématiquement en place les classes bilangues de type "LV1 autre que l'anglais au primaire + anglais LV2 à partir de la 6e", ainsi qu'à développer les sections SELO en collège et assurer leur suivi en lycée pour les mêmes élèves. On ne pourra pas vraiment lutter contre les inégalités scolaires sans mettre en place une discrimination positive qui ne se limite pas aux individus (heures de soutien), mais s'applique aussi à l'organisation même des enseignements.

Restent les éléments de la réforme qui peuvent être mis dès à présent au service de ces deux objectifs prioritaires, en particulier la marge de manœuvre offerte aux équipes pédagogiques dans la mise en œuvre des "enseignements complémentaires" (accompagnement personnalisé pour chaque élève en 6e, accompagnement personnalisé et enseignements pratiques interdisciplinaires dans les classes suivantes), du travail en groupes à effectifs réduits et des interventions conjointes de plusieurs enseignants, autant de dispositifs prévus dans l'Arrêté du 14 avril 2015. J'espère que les enseignants de langue sauront dépasser leurs légitimes frustrations pour s'emparer collectivement, avec les enseignants des autres disciplines, de ces leviers disponibles au service des élèves.

 

Christian Puren, 20 mai 2015

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Commentaires : 16
  • #1

    JAILLET MICHELLE (samedi, 23 mai 2015 15:42)

    Merci Christian pour ceytte mise au point salutaire et ses remarques constructives

  • #2

    Yannick Iglesias (vendredi, 29 mai 2015 09:55)

    Oui, ça fait du bien, c'était vraiment nécessaire. Je vais faire circuler ce plaidoyer.
    Merci Christian.

  • #3

    Anne-Marie Martin (vendredi, 29 mai 2015 23:57)

    J'ai apprécié le travail de l'APLV ( regroupant les enseignants de la maternelle à l'université, soutenant le plurilinguisme). J'ai en revanche été en désaccord avec vous vers 2005 ( CECRL et plan de développement de l'enseignement des langues vivantes.) Aujourd'hui, je ne partage pas l'opposition de l'APLV à la réforme du collège, une réforme que je soutiens pour les mêmes raisons que celles que vous exposez. Il faut aussi, me semble-t-il, valoriser les compétences plurilingues des élèves et favoriser l'intercompréhension en langues. Est-ce aussi votre avis ?

  • #4

    Christian Puren (samedi, 30 mai 2015 10:51)

    Merci de votre intervention.

    - L'idée de "didactique intégrée"... intègre les différentes langues enseignées. Au cours de ces activités, il est évident que c'est de bonne pédagogie de la part de l'enseignant de demander aux élèves de faire appel aux connaissances extra-scolaires que les élèves peuvent avoir d'autres langues (leurs "langues d'origine", en particulier) ; et de bonne stratégie, de la part de ces élèves, de mobiliser ces connaissances.

    Mais il existe actuellement à l'Unité des politiques linguistiques du Conseil de l'Europe ce que l'on peut appeler et dénoncer, avec Bruno Maurer, une "idéologie du plurilinguisme": je vous renvoie au compte rendu que j'ai fait de son ouvrage : "MAURER Bruno, Enseignement des langues et construction européenne. Le plurilinguisme, nouvelle idéologie dominante (Paris : Éditions des archives contemporaines, 2011, 156 p.). Compte rendu de lecture… et de relectures personnelles", http://www.christianpuren.com/mes-travaux/2012a/.

    - L'intercompréhension est un dispositif différent de celui de la didactique intégrée, puisqu'il ne s'agit pas pour les élèves d'apprendre simultanément plusieurs langues, mais de s'appuyer sur les acquis dans une ou plusieurs langues déjà apprises pour en apprendre
    d'autres plus aisément et rapidement, l'objectif étant limité à la compréhension, et généralement à la seule compréhension écrite. Ce dispositif a été expérimenté et est encore le plus souvent mis en oeuvre, à ma connaissance, pour les adultes à l'université, et sur des périodes relativement courtes (une cinquantaine d'heures, tout au plus). Il n'est pas transposable tel quel dans l'enseignement scolaire, où il ne peut inspirer, à mon avis, que des activités ponctuelles qui viendraient de temps en temps en appui d'une didactique intégrée mise en oeuvre, elle, de manière suivie (avec de temps en temps des interventions conjointes d'enseignants de deux langues, dans le cadre des séquences coanimées prévues dans la réforme du collège).

  • #5

    Martin (samedi, 30 mai 2015 13:31)

    L'intercompréhension en langues fait appel aussi ( et pour moi surtout) à ce principe simple : chacun s'exprime dans sa langue avec toute la finesse souhaitable et a développé des compétences suffisantes de compréhension de la langue de l'autre. Au lieu de chercher pendant des années, chacun de son côté à developper toutes les connaissances en même temps et d'attendre des années pour faire des premiers essais, généralement infructueux, de communication en une seule langue, l'élève est mis en contact avec des élèves de la langue qu'il apprend et qui apprend la sienne. Il pratique ainsi,dès le début et dans le cadre des activités scolaires, un dialogue authentique, mais en deux langues au moins. Au cours de sa vie scolaire, l'élève pourra apprendre à comprendre plusieurs langues et choisir, en connaissance de cause, dans lesquelles il voudra se rendre capable de s'exprimer correctement.

  • #6

    Christian Puren (samedi, 30 mai 2015 13:50)

    Oui, je reconnais que du point de vue didactique, c'est une option intéressante parmi d'autres. Si elle est limitée aux deux voire aux trois langues choisies par l'élève au cours de sa scolarité, elle a l'inconvénient, cependant, d'assigner d'emblée un statut différent à certaines langues par rapport à d'autres, ce qui veut dire sans doute moins d'importance aux yeux des élèves... et moins de reconnaissance pour les enseignants. Il est difficile d'éviter, en d'autres termes que des objectifs partiels assignés à une langue n'en fasse une langue considérée comme "mineure".
    On peut par contre tout à fait envisager que toutes les langues apprises fassent l'objet à certains moments de ce traitement dont vous parlez (par exemple, effectivement, lors d'échanges à distance entre élèves de pays différents). Tout en veillant à ce que cela ne devienne pas une solution de facilité: les mécanismes de mobilisation des acquis et donc les les mécanismes d'apprentissage sont dans doute plus actifs lorsqu'il s'agit de produire, que de comprendre. C'est en tout cas une hypothèse vraisemblable, qui demanderait à être validée... ou invalidée, avec d'autres, dans le cadre d'expérimentations sérieuses, c'est-à-dire conduites et évaluées avec toute la rigueur nécessaire.

  • #7

    Anne-Marie Martin (samedi, 30 mai 2015 15:12)

    Merci pour cet échange.
    Je suis d'accord avec vous et en ces temps de tempête sur l'Ecole, voilà qui est bien agréable !

  • #8

    Stefania Berrichillo (samedi, 30 mai 2015 21:58)

    Je regrette mais je ne peux accepter dans l'ensemble un point de vue "idéal" qui diverge de la réalité de terrain. La réalité est que les enseignants d'Italien n'auront plus le sheures pour faire un travail de fond dans leur établissement, que l'on rêve de plurilinguisme alors qu'au primaire on arrête de manière arbitraire l'Italien au bénéfice de l'Anglais, que de nombreuses classes bilangues ont été ouvertes dansdes établissements Eclair . Alors je vous prie de cesser de faire ds plas sur la comète et parlez d'économies de bouts de chandelle sur le dos de nos élèves les plus fragiles et sur le dos des collègues qui travaillent sur 3 établissements et qui ne peuvent rien construire.

  • #9

    Barbara Meazzi (dimanche, 31 mai 2015 10:07)

    Je suis tout à fait d'accord avec Stefania Berrichillo (notamment pour les fermetures des classes d'italien: il y a des injustices terribles que vivent les collègues sur le terrain, malgré leurs batailles). Mais elle a raison aussi de soulever la différence entre le théorique et la pratique: dans l'absolu théorique et dans un monde parfait cette réforme est très bien. Si nous avions des classes à 10-15 élèves, ce serait effectivement une belle évolution. J'ai l'impression que cette réforme veut précisément faire disparaître les groupes à 15, du reste....

  • #10

    A-M Martin (dimanche, 31 mai 2015 10:38)

    Mais précisément, il ne faut pas se satisfaire de l'existant et laisser tomber aux oubliettes les rapports et plans qui allaient dans le sens d'une diversification des langues : avancer la LV2 en 5ème figurait déjà dans le plan de rénovation de l'enseignement des langues de 2005. Les commissions académiques de LV pour une carte des langues cohérentes aussi. Mais qui le sait ? Qui a lu le rapport de Suzy Halimi de 2012, qui laissait espérer une évolution positive ? Continuons de diffuser ce qui peut permettre la diversification des langues. Forza ! Anima ! Je salue au passage l'inventivité et le dynamisme de la liste des enseignants d'Italien et je sais qu'un service sur trois établissement est monstrueux.

  • #11

    NB43 (mardi, 02 juin 2015 23:11)

    Je suis sidérée par ce message..... soutenir la fin des classes bilangues? Alors que dans le rapport que vous citez (décembre 2014 et non pas 2015), il est clairement dit qu'elles permettent le maintien d'une diversité de langues !
    Et vous vous bercez d'illusion: il n'y aura pas d'autres langues que l'anglais en primaire. J'en ai encore discuté avec la coordinatrice locale de LV1 en primaire: il n'y aura pas d'autre langue que l'anglais: De un, parce que ce sont les instituteurs qui sont sensés enseigner la LV (formation?) et de deux parce qu'ils sont très peu nombreux à maîtriser l'allemand (ou autre) et de trois parce que le rectorat ne veut pas d'allemand (ou autre) en primaire, sauf peut-être en Alsace. Quand bien même ils parleraient allemand ou les profs du secondaire voudraient bien enseigner en primaire: on le leur refuse !!!!!!!!!!!!!!!!!!
    Donc ma classe bilangue anglais-allemand "d'élite" va disparaître: fils d'agriculteur, d'artisan, de parents aux RSA, d'enseignants, de dentiste, de charpentier, de caissière, d'éboueur.... issus de l'immigration ou pas... C'est aux plus défavorisés mais motivés qu'on va fermer des portes (sans aider réellement ceux qui en ont besoin, cf inclusion des SEGPA): fin des bilangues et euros, ce sera aussi à terme la fin des abibac et autres en lycées. En Auvergne, la section Abibac de Clermont s'aliment des bilangues et euros: quel est son avenir? Bien noir...... Quelle belle égalité: selon que vous êtes né en Alsace, à Paris ou à Clermont, vos possibilités seront ENCORE moins les mêmes !

    Sachant que dans le département, 43, de très nombreux collèges ne proposent plus l'allemand parce que les effectifs sont trop faibles, notamment dans les écoles sans bilangue: l'espagnol a supplanté allemand et italien. Dans certains collèges, il n'y a même plus le choix de la LV2. Donc bientôt, fin de l'allemand dans de nombreux collèges: c'est ce que vous défendez? soutenez? appelez de vos voeux?

    Votre naïveté est inquiétante... Avez-vous compris que l'AP et les EPI se feront sur les heures disciplinaires? Notamment aussi l'AP? Les 3h soi-disant en plus en 6ème seront pris sur les heures de cours: est-ce un progrès? C'est une régression: pourquoi ne pas les ajouter?

    Votre lettre me scandalise: vous êtes pour la diversification des langues et vous rejetez un dispositif qui a fait ses preuves pour celle-ci! En croyant à la chimère d'une diversification en primaire?

    Une prof de bilangue, en zone rurale, non favorisée, là où la concurrence avec le privé est déjà rude et ne fera que s'accroître davantage. Vive le public ghetto !

  • #12

    Christian Puren (mercredi, 03 juin 2015 10:14)

    Le débat et même la polémique sont non seulement normaux, mais sains et nécessaires dans une démocratie pluraliste (je vous conseille à ce propos de lire le livre passionnant de Ruth Amossy, "Apologie de la polémique", PUF, 2014). A condition d'échanger des arguments, même vigoureusement (comme vous le faites), sans chercher à déconsidérer non pas seulement les arguments de l'adversaire, mais l'adversaire lui-même, comme vous le faites lorsque vous m'accusez d'être naïf. Etant donné mon âge et mon parcours professionnel, syndical et associatif, votre accusation me ferait sourire, si elle n'était l'illustration que le débat en France consiste trop souvent... à nier la légitimité même du débat.

  • #13

    Rose (vendredi, 05 juin 2015 17:21)

    À NB43
    De quelle fin des « classes bilangues » parlez-vous ? Il va y en avoir plus si enseignants et parents veillent à ce que la diversité linguistique en primaire soit effective et rappellent au ministère ses engagements en la matière. Les professeurs d'allemand qui ont montré qu'ils savaient si bien se mobiliser seront un atout précieux dans ce combat espérons qu'on va les entendre pour que l'allemand se développe en primaire.

    La véritable diversité linguistique ne peut se faire que par le primaire. Que les professeurs des écoles ne soient pas formés c'est vrai, mais ce n'est pas particulier à l'allemand, ils ne sont formés dans aucune langue, pas plus en anglais qu'en allemand. Et au moins ceux qui enseignent l'italien, l'espagnol ou l'allemand, en primaire connaissent déjà mieux la langue qu'ils enseignent que ceux qui enseignent l'anglais. Car les professeurs des écoles qui enseignent l'anglais sont, à de rares exceptions près (aussi rare que pour toute autre langues), ceux qui n'ont aucune compétence particulière en langues, ils le font parce qu'ils y sont obligés.
    Et aucun n'a pour l'instant de formation didactique, on n'enseigne pas une LV en appuyant sur le bouton d'un appareil de reproduction sonore et en distribuant des photocopies aux élèves, mais sans formation que faire d'autre ?

    Le rectorat ne veut d'allemand ? Vraiment ? Et bien là où c'est le cas il faut que les professeurs d'allemand se fassent entendre, faire des actions avec les parents qui veulent que leurs enfants fassent de l'allemand ou de l'italien en primaire, ce serait le moment où jamais. Voici l'occasion de développer les sections bilangues en collège. Si les parents sont prêts à ce que leurs enfants fassent de l'italien ou de l'allemand dès la sixième, on ne voit pas pourquoi ils ne se réjouiraient pas qu'ils puissent commencer dès le CP ; si leur raison est vraiment par volonté de diversité linguistique, alors ils ne peuvent que soutenir les enseignants pour mettre en place ces enseignements au niveau du primaire.

    Vous employez l'expression « classes bilangues », c'est justement parce qu'a peu près la moitié de ce qui auraient dû être des « sections » étaient devenues des « classes » qu'on a pu parler d'élitisme. L'élitisme n'est pas dans l'origine sociale des élèves, elle est dans le fait de regrouper ensemble des élèves ayant choisi une option ... pour se retrouver « entre soi », qu'on soit enfant de prof ou d'ouvrier.

  • #14

    OLIVIER (dimanche, 11 octobre 2015 10:58)

    Ca fait du bien de voir des propos constructifs et raisonnés!
    Serge

  • #15

    Faivre Laetitia (mardi, 12 janvier 2016 15:02)

    Bonjour Monsieur Puren,

    Je découvre avec intérêt vos travaux, en particulier sur la perspective actionnelle, j'enseigne l'anglais dans un collège parisien et suis également responsable du secteur collège au SNES-FSU Paris.
    Nous sommes opposés à la réforme des collèges, je ne développerai pas ici mais la marge de manœuvre de 20% se met en palce des enseignements de maths, français et... langues vivantes, elle est en train d'instiller une forte de dose de concurrence et de tensions entre les disciplines et les collègues (et oui, la rentrée 2016se prépare actuellement).
    Il me semble par ailleurs que les EPI sont à l'image de la perspective actionnelle, c'est à dire une mise en œuvre de la pédagogie par projet, à mettre en parallèle avec le management par projet dans les entreprises. Qu'en pensez-vous?
    Cordialement,
    Laetitia Faivre
    lfaivre@paris.snes.edu

  • #16

    Christian Puren (mercredi, 13 janvier 2016 19:20)

    Bonsoir,

    Oui, la pédagogie de projet est "à mettre en parallèle" avec le management par projet dans les entreprises, je suis tout à fait d'accord avec vous.

    Là ou peut-être nous ne serons pas d'accord entre nous, c'est sur l'explication qu'on peut en donner, les conclusions qu'on peut en tirer, et les actions à mener (ce qui fait beaucoup...).

    Je considère pour ma part:

    1) que ce parallélisme est à interpréter comme une évolution effectivement... "parallèle" des deux disciplines (le management d'entreprise et la didactique des langues-cultures) sous l'influence de la même évolution des idées (dans le sens ou l'on parle de l'"histoire des idées" en philosophie), et de la confrontation des entreprises comme des enseignants à des problématiques en partie comparables (essentiellement, la confrontation à un environnement complexe);

    2) et que, toujours au niveau des idées (concepts et modèles théoriques), les théoriciens du management d'entreprise sont excellents, de même que leurs formateurs, et qu'il y a beaucoup à gagner de leurs réflexions. Ces théoriciens et formateurs en management d'entreprise ne sont pas plus responsables (ce qui veut dire peut-être un peu responsables, mais pas plus responsables...) des dérives du capitalisme (bien réelles!) que les didacticiens et formateurs d'enseignants ne sont responsables du fonctionnement pervers du système scolaire français, dont toutes les études montrent, les unes après les autres, qu'il reproduit de plus en plus les inégalités sociales.

    Je développe mes idées sur ce parallélisme entre l'évolution historique des idées en management d'entreprise et en didactique des langues-cultures dans une conférence vidéoscopées disponible sur mon site: "De l’approche communicative à la perspective actionnelle. À propos de l’évolution parallèle des modèles d’innovation et de conception en didactique des langues-cultures et en management d’entreprise", 14e Congrès RANACLES, Université de Poitiers, 24 novembre 2006, http://www.christianpuren.com/mes-travaux/2006f/.

    Ou encore dans cet article, lui aussi disponible sur mon site: "Histoire de la didactique des langues-cultures et histoire des idées", Cuadernos de Filología Francesa (revista del Departamento de Filología Románica, Área de Filología Francesa de la Universidad de Extremadura, Cáceres (España), n° 18, octubre 2007, pp. 127-143. Republié en ligne sur le site de l'APLV, http://www.christianpuren.com/mes-travaux/2007c/.

    Bien cordialement,

    Christian Puren