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Evolution historique des configurations didactiques (modèle)
Avec en commentaires les références d'articles présentant et mettant en œuvre ce modèle. Version du 23 mars 2019
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Exemples d'illustration du concept de "configuration didactique"

 

Le chapitre 1 (pp. 6-12) l'article 2012f proposait deux illustrations du concept de "configuration didactique", à partir des exemples de la méthodologie directe (années 1900-1910) et de la méthodologie active (années 1920-1960).

 

Le passage ci-dessous, extrait d'un ouvrage à paraître fin 2019 rédigé en collaboration avec Bruno Maurer (Sortir du CECR et relancer le méthodologique : les exemples de l'évaluation intégrée et de la méthodologie plurilingue intégrée, titre provisoire, Éditions des Archives Contemporaines), propose un autre exemple, celui de l'approche communicative (années 1970-1990).

 

Le concept de « configuration didactique » élargit celui de « méthodologie » (PUREN Ch. 029). Une configuration didactique contient comme éléments premiers (a) les objectifs langagier et culturel, (b) la situation et (c) l’action de référence dans l’usage de la langue, qui définissent la compétence première visée, à savoir le savoir réaliser efficacement ce type d’action dans ce type de situation. Une modification significative de l’un de ces éléments premiers modifie nécessairement (d) la nouvelle tâche d’apprentissage de référence, pour la mettre en homologie maximale avec la situation et l’action d’usage de référence. Sur ce « squelette » vient ensuite se placer la « chair » de l’organisme méthodologique, dont les composantes sont fournies par les modèles (e)○linguistiques, (f) cognitifs et (g) pédagogiques, nouveaux et/ou anciens selon la disponibilité, ainsi que (h) par les modèles méthodologiques disponibles, que ce soit directement, en les empruntant tels quels, ou indirectement, en en prenant le contre-pied pour mieux se démarquer.

 

Prenons l’exemple encore le plus connu, celui de l’AC : (a’)○elle émerge et s’élabore avec pour objectif de faciliter les rencontres directes avec des étrangers ; (b’) la situation de référence est le voyage touristique, et (c’) l’action de référence est l’interaction langagière ; (d’) la tâche d’apprentissage de référence, celle visée à la fin de chaque unité didactique, est la simulation de cette même interaction langagière dans une situation similaire ; pour l’élaboration de cette nouvelle méthodologie, il est fait appel (e’) à la nouvelle grammaire notionnelle-fonctionnelle, (f’) au constructivisme et (g’) à une version forte des méthodes actives en pédagogie, déjà impliquées dans le modèle constructiviste de l’interlangue (l’apprentissage d’une langue étant considéré comme un processus mental de construction-déconstruction-reconstruction de cette langue par l’apprenant lui-même), version que l’on retrouve dans les concepts clés de « centration sur l’apprenant » et d’« autonomisation des apprenants »○; enfin (h’), l’AC emprunte sans le dire à la méthodologie audiovisuelle le dispositif d’explication en L2 des mots inconnus (par la situation, l’exemple, le geste, la mimique, la définition, la synonymie/antonymie, etc., cf. PUREN 059, point 2.3), dispositif lui-même emprunté aux méthodologies antérieures directe et active, lesquelles vont fournir aussi à l’AC le dispositif d’explication en L2 de documents authentiques (cf. PUREN 2012j).